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Catégorie A suivre...

A suivre... 1

 

 

J'avais pris le train, comme on prend le bus, avec l'inconscience de penser garder mon « chez moi » accessible.

Mais j'avais tort, et je le savais, je partais pour « ailleurs », avec ma petite valise en toile grisée, et mon air effarouché…pour ne pas revenir, de sitôt.

 

Assise près de la fenêtre du TGV bondé, gênée par l'air glacial qui s'échappait des fentes de ventilation, fatiguée aussi par un réveil par trop matinal, je regardais le paysage défiler à toute vitesse, derrière les vitres sales.

Et l'inquiétude me prenait, insidieusement, par vagues acides, pour finalement m'envahir toute entière. Pressée que j'avais été de trouver un job pour l'été, je n'avais pas pris le temps de songer à ce qui m'attendait.

 

Un arrêt. Deux arrêts. Sur ma montre, le retard s'accumulait.

Elle m'avait dit, au téléphone, trois jours auparavant : « Je vous attendrai rue N,. à midi, avec les enfants dans la voiture. » J'avais acquiescé et j'avais raccroché le combiné, avec soulagement. Puis, j'avais préparé mon sac d'étudiante, heureuse d'avoir trouvé une solution au long désert de mon été.

 

Bientôt Paris. Le wagon s'engouffra dans un tunnel obscur. Un sifflement aigu vrilla mes tympans, puis s'arrêta net, lorsque nous émergeâmes brutalement à la lueur du jour.

 

Gare Montparnasse. La foule, soudain, sur les quais, indifférente et pressée. Il était onze heures trente.

 

 


Posté le 18/03/2007 | 53 consultations | 6 commentaires | Voir et commenter l'article

A suivre...2

La lanière de mon sac à main me striant l'épaule gauche, j'essayais de me frayer un passage dans les couloirs du métro parisien, valise en avant, plan plié dans la main.

 

J'avais tout préparé, je savais où prendre le ticket jaune, comment suivre les flèches du labyrinthe souterrain, quel escalier grimper, à quel arrêt sortir.

 

Je tentais de garder bonne contenance parmi la foule bigarrée qui avançait, tel un seul homme, vers des destinations plurielles. Des couloirs, à n'en plus finir, des marches, un tapis roulant, du bruit, de la puanteur suffocante, propulsée par des bouches d'aération crasseuses, de la promiscuité indifférente, et la lumière du jour, enfin, comme une délivrance.

 

Je me retrouvais soudain, à l'air libre, sur un trottoir inconnu. Mes compagnons de métro s'étaient déjà dispersés, comme une envolée de moineaux, dans les rues adjacentes.

J'étais définitivement en retard. Les aiguilles de ma montre, serrées l'une contre l'autre, indiquaient sans conteste l'heure de mon rendez-vous : il était déjà midi.

 


Posté le 24/03/2007 | 43 consultations | 5 commentaires | Voir et commenter l'article

A suivre... 3

 

Elle m'avait dit « rue N. ». Ca ne devait plus être très loin. J'étais sortie au bon arrêt, mais de quel côté ?

 

Un homme, entièrement vêtu de vert, balayait le trottoir avec de grands mouvements, brusques et précis, juste devant moi. Je décidais de l'aborder.

 

-         Bonjour.

-         Hmmm ! Oui ?

 

D'évidence, je le gênais.

 

-         Je cherche la rue N. Est-ce près d'ici ?

-         C'est sur Paris ?

-         Euh, oui !

-         Vous êtes à Neuilly, ici.

-         Ah !

 

Je me repassais rapidement, et mentalement, notre dernière conversation. Non. Rien sur Neuilly.

Je tournais le dos à Neuilly et contemplais Paris, désorientée.

 

-         C'est quoi le nom de votre rue, déjà ?

 

Je le lui répétais, pleine d'espoir.

 

-         C'est sur Neuilly, ça. Vous prenez à gauche, à droite, puis encore à droite, et voilà !

 

12h15. Je remerciais mon guide, d'un geste de la main, et parcouru les rues indiquées, le plus rapidement que je pu.

 

Rue N. 12h30. Les enfants dans la voiture. J'y étais. Je me penchais à la portière. Une femme d'une trentaine d'année essayait de calmer trois jeunes enfants sur la banquette arrière. Un bébé dans un couffin. Elle semblait excédée.

 

-         Vous êtes en retard. Montez.

 

 

 


Posté le 12/04/2007 | 50 consultations | 4 commentaires | Voir et commenter l'article

A suivre ... 4

Nous stationnâmes devant un immeuble de trois étages, dans une rue étroite et calme. Une poussette encombrait l’entrée.

Derrière une porte, au rez-de-chaussée, un appartement spacieux, étonnamment blanc, m’accueillit. Les enfants s’échappèrent en riant vers la droite, dans ce qui me sembla être leur chambre commune. Chaque pièce était distribuée autour d’un long couloir. Au fond, je le saurai plus tard, se cachait la chambre des parents, le salon, des endroits préservés.

On m’indiqua ma chambre, celle de l’aîné des garçons. Il dormirait avec ses frères cadets.

Je posais ma valise, observais les voitures miniatures, les livres d’enfants alignés. On me pressa, il était l’heure de déjeuner.

Je n’avais pas faim, l’inquiétude me serrait le ventre. Les enfants engloutirent leur repas dans un désordre indescriptible. Au dessert, on me colla dans les bras le bébé de deux mois, qui refusa de terminer son biberon, ses petits yeux plissés.

Le père des enfants était rentré, j’entendais au loin sa voix forte résonner. Je n’avais plus qu’une envie, celle de m’en aller.

Je tentais de faire pivoter le petit Paul sur mon épaule afin qu’il puisse, si il le souhaitait, effectuer un rôt libérateur. Un jet bruyant, d’une force surprenante, jaillit de sa petite bouche et inonda mes vêtements.

 

 

 


Posté le 08/05/2007 | 49 consultations | 7 commentaires | Voir et commenter l'article

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