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Catégorie "Rencontres"

Sylvie GRACIA, éditrice aux éditions du Rouergue / Samedi 20 janvier 2007

Sylvie Gracia

Nous étions peu à cette "rencontre", à peine une dizaine de personnes, pour la plupart membres de l'atelier d'écriture local. Le public me donnait l'impression de vivre un roman d'Agatha Christie.

Sylvie Gracia est entrée, petit bout de femme en mini jupe jaune, douce, discrète et en même temps assez sûre d'elle, sans doute rompue à cet exercice. Interviewée par un animateur, elle nous a raconté son parcours. Et, étrangement, je me suis reconnue dans le début de son récit : maman de deux enfants, arrivée à la trentaine, la nécessitée d'écrire lui est venue, avec ce sentiment de ne plus devoir laisser cela de côté. Elle écrit donc son premier roman "Les Nuits d'Hitachi", puis tout s'enchaîne très vite. Elle est contactée par Les Editions du Rouergue pour tenter l'aventure d'une collection pour adultes et devient éditrice.

Puis, vint la description de son métier d'éditrice, sa naïveté des débuts, le parcours d'un manuscrit, le nombre de romans qu'elle recevait par semaine, cette certitude qu'elle avait que, dès la première page lue, elle savait. Elle nous a parlé de la "voix" d'un auteur, et qu'un écrivain n'est pas forcément quelqu'un qui écrit mais quelqu'un qui possède cette "voix".

Enfin, le débat s'est engagé sur l'avenir du livre, la crainte des libraires devant la baisse des ventes, l'avenir de l'édition, forcément, et la force d'internet. Sylvie Gracia a convenu qu'il n'était plus possible de se passer de cet outil, qu'il représentait environ 15% de leurs ventes, qu'il permettait d'éviter le coût des multiples intermédiaires, que les critiques du web (nous quoi) permettait au livre de vivre plus longtemps qu'en librairie.

Quelques spectateurs se sont insurgés ! Et le toucher du livre ! Qu'en fait-on ? Le plaisir de feuilleter quelques pages, de regarder la quatrième de couverture et de tenir ces petites pages serrées et lisses jusqu'à la caisse, avec fierté et appétit. Tout le monde a convenu que rien ne pouvait remplacer le plaisir de fureter dans une librairie mais qu'internet permettait d'élargir son champ d'investigation !

Bref, j'ai trouvé ce moment intéressant, enrichissant. Je suis heureuse de cette "rencontre" à sens unique mais qui m'a appris beaucoup de choses. Merci à Sylvie Gracia ! Et allez fureter dans les excellentes éditions du Rouergue (livres pour adultes, enfants et adolescents).

 


Posté le 20/01/2007 | 66 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Jean Epstein, psycho-sociologue

J'ai assisté hier au soir, dans un lycée de ma ville, à une conférence animée par Jean Epstein, psycho-sociologue responsable du département Recherche-action de Familles de France, sous l'invitation de l'association « J'ai pas envie ».

 

                                               



Jean Epstein  a su tenir son public en haleine, avec humour et intelligence. J'ai beaucoup ri et son discours m'a aidé, réconforté et conforté dans mon rôle de parent.

 

Il dépoussière les grands fantasmes de la pensée psy française : « vous savez ce qu'on appelle un ado ? C'est ce qui peut être, dans la même journée, adorable et adoléchiant ! »
Enfant roi, absence d'autorité des parents, lien social en perdition : « il faut aussi parfois laisser les enfants s'ennuyer et trouver seuls le moyen de s'en sortir ».


Le spécialiste sait aussi que certains défauts sont inscrits dans les mauvaises habitudes françaises. Il va souvent jusqu'au Québec, qu'il visite au moins une fois par an, dans un groupe d'experts chargé d'en étudier les politiques d'enfance et familiale. Régulièrement, il en ramène de bonnes idées. Jusque dans les mots : « là-bas, ils parlent de prévenance plutôt que de prévention. Parce que le mot même de prévention implique qu'il y a un problème à régler. Alors que les synonymes de prévenance, ce sont citoyenneté, lien social. Concrètement, au Québec, dans les écoles, il y a des moments et des espaces destinés à la rencontre des parents. De même, en lieu et place des cantines, des mamys viennent faire à manger aux enfants. Le Québec, c'est la bonne habitude de « réseauter » dès que c'est possible. Par exemple, dans un quartier, des maisons vont porter, bien en évidence, une lettre A. Cela signifie qu'une famille d'accueil habite ici. Quand une nouvelle famille arrive, elle peut aller lui demander conseil pour, par exemple, trouver une crèche.


L'idée, c'est de mettre en relation les besoins et les compétences de chacun dans une même zone de vie. Il appelle ça la « coveillance ». Son outil de travail est un triangle, qu'il nomme BBC (Bien-être, Besoins, Compétences) et qu'il adapte à chaque acteur de la vie de l'enfant.

Car, il est bien beau de penser exclusivement aux besoins de l'enfant (quand ils sont réellement entendus !). En tant que parents, il ne faut pas oublier les siens propres, ne pas oublier de valoriser ses propres compétences, souvent remises en cause dans les médias et la société, et éviter l'isolement, source de difficultés.

 

Je résumerais cette soirée par ce proverbe (africain il me semble) : « Il faut tout un village pour élever un enfant », et c'est si vrai.

 

[Vous trouverez les livres de Jean Epstein en librairie et ses conseils, entre autres, sur www.magicmaman.com].

 

 

 

 


Posté le 21/03/2007 | 107 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

De la traduction - lecture des lais de Marie de France

Sur l'invitation d'une connaissance, que je remercie ici pour cette découverte, j'ai assisté - ce mardi soir 17 avril - à une lecture publique. Et ceci dans le cadre des manifestations Présences d'écrivains - semaine de la traduction du 17 au 21 avril 2007 (Maison Gueffier – La Roche sur yon). [programme complet]

 

 

 

André Markowicz et Françoise Morvan nous ont lu des textes de Marie de France, une des premières femmes écrivain française, du XIII ème siècle. Un moment charmant et une jolie rencontre.

 

 

           

 

 

Françoise Morvan : Née en Bretagne, agrégée de Lettres, elle dirige la collection Les grandes collectes aux éditions Ouest-France. Outre diverses créations pour enfants et des essais sur les lutins et les fées, Françoise Morvan a traduit, entre autres, les Lais de Marie de France (Librio), le théâtre complet de John Millington Synge, et, avec André Markowicz, Le songe d'une nuit d'été et le théâtre complet de Tchekhov aux éditions Actes Sud.


                                                                       


André Markowicz : Né en 1960, il est notamment connu comme étant l'auteur d'une nouvelle traduction des Œuvres complètes de Dostoïevski  aux éditions Actes Sud. Il poursuit chez le même éditeur des traductions de divers auteurs romantiques russes, chez  Solitaires Intempestifs des retraductions des pièces de Shakespeare et vient de terminer la traduction de tout le théâtre d'Anton Tchekhov, en collaboration avec Françoise Morvan.

 

 

La traduction est une aventure qui tient de la connaissance des voix de l'auteur, de l'entrée dans une culture, de la précision autant que de l'interprétation, de l'oreille que l'on porte aux accents et aux dialectes, de l'atmosphère que dégage un livre… C'est pourquoi le traducteur devient poète, écrivain, c'est à dire attentif à la langue et à son rythme.


Posté le 17/04/2007 | 84 consultations | 2 commentaires | Voir et commenter l'article

François Bégaudeau

Ce soir, j'étais là...

François Bégaudeau lit Witold Gombrowicz
« Et soudain tout s'électrise, l'érotisme est dans l'air, le désir est partout, à la disposition de tous, il n'y a qu'à se servir, tous égaux devant le réel, quelle tristesse qu'on n'y ait pas pensé plus tôt, quel temps on a perdu à brasser de l'air, à ne pas se servir à grandes louches dans la barrique de réel posée au milieu des choses, quelle tristesse de ne pas avoir plus tôt vu la joie en tout, quel long chemin pour enfin devenir jeune, on naît vieux et c'est une grosse affaire que de rompre avec cette origine, être jeune enfin, jeune et frais comme le réel, quel temps j'ai mis à ne plus être vieux, j'avais vingt ans et plus de souvenirs que si j'avais mille ans, j'avais lu trop de livres, je m'étais fait trop de films, étudiant poil au dent je regorgeais d'idées, j'étais perdu perdu perdu, insurgé hagard déambulant dans le grand mouroir de l'Occident, oh ! et alors ils sont venus me chercher, ils sont venus me sauver, tous les amis du réel et du désir et de la joie, Rimbaud, Michaux, quelques autres vilains pas beaux, et à leur tête Gombro. »

François Bégaudeau, né en Vendée en 1971, est écrivain, critique, membre des comités de rédaction des Cahiers du cinéma et de la revue Inculte. Il a récemment publié Entre les murs, qui a rencontré un beau succès critique et public (et reçu le prix France culture Télérama 2006). Ecrivain soucieux des questions d'espace et de déplacement, il vient nous lire et causer de Gombrowicz, écrivain polonais exilé en Argentine puis en France, auteur notamment de Ferdydurke, de La Pornographie et de son Journal (éd. Christian Bourgois).

Lecture publique jeudi 7 juin 19h maison Gueffier

 

Un moment merveilleux de lecture, une voix profonde qui suit les virgules... La découverte d'un auteur jamais lu encore : Witold Gombrowicz...Un être intelligent et sympathique... Des interventions, dans le public, sur le roman, sur le réel et la poésie...

Et pour moi, une leçon d'humilité et d'espoir !!

J'en ai profité pour acheter ce livre-ci :         

J'ai eu du mal à sortir de mon "chez moi", de mon quotidien, la première fois, mais je ne regrette pas... La saison est terminée mais des lectures comme celles-ci, j'en redemande. Un grand merci particulier à Co Errante !! Vivement la rentrée prochaine !


 

 


Posté le 07/06/2007 | 130 consultations | 6 commentaires | Voir et commenter l'article

Olivia Rosenthal

Hier au soir, je suis allée assister à une lecture (toutes les infos ici) dans le cadre des manifestations de la scène nationale du Grand R, au sein de la Maison Gueffier, à La Roche sur Yon. L'invitée était cette fois-ci Olivia Rosenthal, qui nous a lu des extraits de son "roman" On n'est pas là pour disparaître, Verticales 2007 .

                     On n'est pas là pour disparaître

Cette lecture a débuté étrangement avec la mise en route d'un minuteur, assez bruyant. Olivia Rosenthal nous a déclaré de manière faussement sérieuse qu'elle avait trente minutes, et pas une de plus, pour nous faire sa lecture. Et en effet, lorsque le minuteur a sonné, elle s'est arrêté, au beau milieu de sa phrase, nous déclarant qu'elle devait s'arrêter là. En fait, ce bruit régulier servait également le rythme de ses phrases, comme un métronome. J'ai beaucoup aimé cet humour décalé et la personne simple qu'elle semble être.

Je n'avais pas encore lu son livre qui parle de la maladie d'Alzheimer, ou plutôt des métamorphoses de la pensée, et de la disparition d'êtres, de leur vivant. J'en ai profité pour l'acheter. Je vous en ferai un petit compte-rendu, dès que je l'aurai lu.

On n'est pas là pour disparaître fait partie de la sélection de rentrée de "Télérama-France Culture et de la première sélection du prix Goncourt.

[En savoir plus sur Olivia Rosenthal]

Début du roman : "Le 6 juillet 2004, Monsieur T a poignardé sa femme de cinq coups de couteau. Il a ensuite quitté le domicile conjugual et s'est réfugié dans le jardin des voisins. C'est là qu'il a été découvert par la police. Quand, lors de son interrogatoire, on a demandé à Monsieur T pourquoi il avait agi de la sorte, il a été incapable de répondre. Il ne semblait pas comprendre les faits qui lui étaient reprochés et ne se souvenait pas d'avoir tenté d'assassiner sa femme."


Posté le 06/10/2007 | 140 consultations | 11 commentaires | Voir et commenter l'article

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