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Catégorie Mes lectures 2006: Coups de coeur pour des livres, sans distinction de genre. Juste le partage d'une émotion littéraire. Mes lectures au long court.

L'usage de la photo, Annie Ernaux et Marc Marie, Gallimard Folio

Avis d Antigone :
On pourrait croire que ce livre n'est qu'un exercice de style.

S'inspirer de photos pour écrire. Quoi de plus banal ?

Mais il n'en est rien.

Deux amants décident de prendre des photos de leurs vêtements éparpillés,

juste après l'amour, d'en faire des natures mortes et de les commenter.

A chacun son souvenir et à chacun ses inquiétudes et souffrances

lorsque la maladie est là en toile de fond.

Alors, ces photos prennent une autre dimension, plus douce,

celle de la vie, plus forte que tout.

 

Extrait :

 

"Souvent, depuis le début de notre relation, j'étais restée fascinée

en découvrant au réveil la table non desservie du dîner, les chaises

déplacées, nos vêtements enmêlés, jetés par terre n'importe où

la veille au soir en faisant l'amour. C'était un paysage à chaque

fois différent."

 

 

 


Posté le 11/08/2006 | 73 consultations | 2 commentaires | Voir et commenter l'article

Une simple affaire de famille, Rohinton Mistry, Albin Michel

Trimbalé entre deux appartements, Nariman erre dans son passé et goûte à
la douceur et à l acidité de la vie de famille. Des personnages attachants
et Bombay en fond sonore.
Extrait (début du roman) :
"Le soleil de fin d après-midi s attardait sur l extrémité du lit, 
qu il éclaboussait de lumière. Nariman émergea de sa sieste et consulta
son réveil. Il était presque six heures. Son regard dériva vers ce cône
de chaleur duquel, noués et tordus, semblables à des serres
d oiseau, ses orteils se prélassaient. Puis, il referma les yeux."

Posté le 25/08/2006 | 64 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

Le livre des illusions, Paul Auster,Actes Sud

  Résumé :
David Zimmer a perdu sa femme et 
ses enfants dans un accident 
d'avion. Un jour, un film muet le sort du désespoir.
Il décide alors d'écrire un livre sur Hector Mann, porté disparu 
depuis 1929 et ancienne star du cinéma muet. Cette quête va 
l'entraîner dans un voyage qui dépasse toutes ses attentes. Un soir 
une jeune femme arrive chez lui et lui annonce qu'Hector Mann lui-même
souhaite le voir sur son lit de mort.
 
Avis d'Antigone :
Ce roman est réellement très bon , malgré quelques longueurs. C'est 
un livre idéal pour découvrir paul Auster car l'histoire reste cohérente 
et captivante jusqu'à la fin, emplie de suspens. 
Pour une fois, nous ne sommes pas engloutis
dans l'univers de Paul Auster mais dans celui de son personnage.
La quête de David Zimmer devient notre quête.
 
Extrait (début du roman):
"Tout le monde le croyait mort. Quand mon livre consacré à ses films
a été publié en 1988, il y avait près de soixante ans qu'on n'avait
plus entendu parler d'Hector Mann. A part une poignée d'historiens
et d'amoureux du cinéma primitif, peu de gens semblaient savoir
qu'il avait existé. Double or Nothing, la dernière des douze comédies
brèves qu'il avait réalisées à la fin de l'époque du muet, est sorti le 
23 novembre 1928. Deux mois plus tard, sans un au revoir à aucun
de ses amis ou associés, sans laisser une lettre ni informer
qui que ce fût de ses projets, il a quitté la maison qu'il 
louait North Orange Drive et nul ne l'a jamais revu."
 
Autres titres recommandés, du même auteur :
Le Voyage d'Anna Blume
La Trilogie New-Yorkaise (Cité de verre/Revenants/La chambre dérobée)
La Musique du hasard
Smoke. Brooklyn Boogie
Plus d'infos sur Austerblog

Posté le 02/09/2006 | 61 consultations | 1 commentaires | Voir et commenter l'article

Puisque rien ne dure, Laurence Tardieu, Stock

Résumé : Vincent reçoit un jour un mot écrit d'une main presque enfantine, signé Geneviève. Soudain, le passé lui remonte à la gorge. Il se précipite vers cette femme proche de la mort, qu'il a tant aimé. Lorsqu'elle décède, ressurgira alors pour lui, de sa mémoire enfouie, l'image de leur petite fille disparue, si douloureusement oubliée.

 

Point de vue d'Antigone : Les premiers chapitres de ce roman m'ont émus. Je me suis dit : « C'est ainsi que je veux écrire. ». Et puis, la douleur n'en fini pas d'être décrite et on aimerait qu'elle soit plus subtile, qu'elle prenne plus de relief, qu'il y ait un peu d'espoir. Malgré tout, ce livre exprime magnifiquement la perte absolue qu'est celle de perdre un enfant.

 

Extrait : « Comme tant d'autres la lettre de Geneviève écrite au crayon à papier d'une main tremblante aurait pu s'égarer et jamais je ne l'aurais reçue, jamais je n'aurais appris que Geneviève est en train de mourir, j'aurais continué à vivre comme chaque jour, de façon médiocre et satisfaisante, ne dérogeant jamais à mon précepte favori, sois sage ô ma douleur et tiens-toi plus tranquille, parce que c'est la seule manière pour moi de tenir debout, je le sais, la seule manière. »

L'avis de Page des libraires (Aurélie Paschal, Librairie Prado Paradis, Marseille) : "Vincent reçoit une lettre de son ex-femme, Geneviève, lui demandant de venir à son chevet avant qu'elle ne meure. Il quitte tout pour la rejoindre. Retour quinze ans en arrière. Geneviève nous livre son journal, tenu depuis la disparition de leur fille sur le chemin de l'école. On y découvre l'angoisse, mais aussi l'impuissance, l'enfermement de Vincent sur lui-même, la distance, l'impossibilité de communiquer qui gangrène le couple après un tel drame. Puis on retrouve Vincent et Geneviève vivant ensemble leurs derniers instants de complicité.

Dans ce roman à deux voix, Laurence Tardieu nous livre une nouvelle fois un texte d'une grande intensité. Elle choisit des thèmes forts, durs, mais les traite avec pudeur et retenue. Nous retrouvons sa puissance dans la description des sentiments, la justesse des mots. Un coup de coeur pour ce livre, mais surtout un coup de coeur pour son auteur."

 

 


Posté le 08/10/2006 | 108 consultations | 2 commentaires | Voir et commenter l'article

La Baie des Cygnes, Rod Jones, Actes Sud

Résumé : Un écrivain en mal d'inspiration, après le départ de sa femme, et une voisine aux étranges cheveux gris composent le cocktail de ce roman étonnant. La vie de Virgil dans la maison mitoyenne est ponctuée des visites hebdomadaires d'un couple de la ville, Marcus et Lolita. Ces visites piquent la curiosité de notre écrivain qui s'attache petit à petit à cette femme discrète, emplie de solitude. Il finira par devenir le confident de tous ses secrets.

 

Avis d'Antigone : Un roman que l'on commence en pensant suivre les péripéties d'un écrivain et que l'on termine le souffle court. Le personnage central n'est pas celui que l'on croit, et l'auteur nous oblige à suivre Virgil, jusqu'au bout de ses souffrances, dans toutes ses douleurs. Un beau texte sur l'amitié et le dévouement qui n'annonce pas sa couleur !

 

Extrait : « Virgil avait raison de se demander si ses révélations pouvaient causer du tort. Nous ne devrions pas nous fier aux choses qui touchent de près au désir humain. Et, de toutes les illusions de la vie, l'amour est la plus dangereuse. Au lieu de nous inquiéter à propos du Destin, nous devrions plutôt avoir peur de nous-mêmes. C'est nous qui éprouvons cet élan de destruction, qui déterminons le moment où des vies se croisent et où tout est réduit en miettes. Nous pensons que nous pouvons raccommoder le cœur avec un simple fil, mais tout finit toujours par s'emmêler. »


Posté le 16/10/2006 | 63 consultations | 0 commentaires | Voir et commenter l'article

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